Broken things

Enfin qui sait ? Peut-être qu’on a toujours été abîmées. Peut-être que j’ai toujours été une menteuse, et Mia, quelqu’un de faible. Peut-être que la mort de Summer ne nous a pas transformées, peut-être qu’elle a seulement révélé ce qui était déjà présent en germe.

– Broken things, Lauren Oliver

« Pari risqué… mais pari gagné ! »

Tels étaient mes mots lorsque je vous parlais de ce livre en story, entre deux pages avidemment tournées. Oui, pfiou, quel pari ! Je pensais que c’était de simple personnages, une simple histoire en jeu… Mais c’était bien plus que ça. C’était une Histoire, du genre de celles qui méritent une majuscule, et c’était surtout mes émotions, mon coeur et mon cerveau qui furent mis en jeu.

En effet, ce livre, c’est un sacré truc. Je suis sûre que vous voyez de quoi je parle, cette sensation de se sentir beaucoup plus impliqué dans l’histoire que ne le serait un lecteur lambda. La sensation que nos tripes se nouent, que notre coeur s’échauffe… Si vous ne connaissez pas ce sentiment d’importance des mots, d’adrénaline courant dans les veines à chaque fin de paragraphe, lisez ce livre. Et puis… même si vous ne voulez pas prendre ce risque de vous sentir si impliqués, lisez le quand même, rien que pour rencontrer les personnages. Un pannel un peu typique du thriller young adult : la fille tourmentée un peu naïve, son amie forte et audacieuse, mais blessée, le beau gosse du passé… Tout ça agrémenté de l’extravagante pas si sûre d’elle que ça, et du nerd bizarre sur les bords mais finalement très utile. Mais, surtout, ne vous vous arrêtez pas à ces traits qui ne dépeignent que la surface. Effectivement, ce n’est que le premier reflet du miroir, car dès qu’on laisse l’image s’offrir à nos pupilles, on se rend compte d’une profondeur inouïe.

Ce livre, c’est du grand insoupçonné. C’est la glace qui se brise, l’explosion inattendue, un cri solitaire. Parce que, derrière cette image vite compréhensible des personnages, il y a toute cette multitude de secrets, de souvenirs diffus, de sourires effacés, et de larmes qui roulent. Et tout cela c’est vraiment, vraiment beau.

Une beauté de celles qu’on ne pourrait qualifier en détails, un peu floue, prenante comme une mélodie qui ne s’arrête pas. Ah, l’attachement que cela provoque… J’ai donc vécu cette histoire, littéralement, aux côtés de Brynn, de Mia, d’Abby, d’Owen et de Wade. 5 personnages, une drôle d’équipe, un peu bancale, un peu ébranlée, mais dont les engrenages permettent parfaitement à l’histoire de tourner. Mention spéciale à Brynn d’ailleurs, qui a su m’époustouffler par le paradoxe qu’elle est. L’euphémisme qu’elle est, aussi. Elle est forte, déterminée, presque insolente sur les bords, et même ses blessures permettent d’illuminer son personnage. Elle m’a paru fichtrement authentique, complètement brisée. Mia aussi, même si elle m’a percutée à moindre mesure. Elle est plus douce, heurtée en plein coeur, mais empreinte d’un délicatesse criant de douleur qui a su tempérer le feu qui anime et consumme Brynn.

Face à ces deux éléments si percutants, on aurait pu faire face à des personnages secondaires plutôt fades, effacés. Mais ce n’est pas le cas. Abby apporte de l’originalité presque pudique avec son côté malicieusement extravaguant, et Wade inspire cette odeur de café et ce pétillement dans les yeux caractéristiques de cette bizarrerie attachante, intelligente, qui le constitue. Mêlé à tout cela, Owen, Owen et la touche mystérieusement douce-amère qu’il apporte, et qui permet de s’attacher à lui. En bref, une multitude d’émotions, de couleurs, qui frappe ces âmes malmenées, pleines d’interrogations et d’espoirs quasi déchus.

C’est donc une équipe totalement incongrue qui nous entraîne, complètement attachante, raffistolée et unie. Car oui, là réside un lien terrible : la mort de Summer, meilleure amie de Brynn et de Mia. Et ses assasins ne sont d’autres que… Brynn et Mia.

« Il y a 5 ans, juste après avoir fêté mes 13 ans, j’ai tué ma meilleure amie. »

Seulement… le point final est loin d’être encré dans le papier, et au sens propre. Toute cette astmosphère si prenante, si pesante sur la cage thoracique et provoquant cette tension dans le bas-ventre… tout cela est lié à une chose aussi mystérieuse que tout ce qu’il implique : Retour à Lovelorn, une fan fiction écrite par Summer, Mia et Brynn à cette funeste époque. Cependant ce livre, cet univers, s’est insinué dans leurs vies, sous leur peau… Fiction et réel s’entremêlent, et donnent lieu à cette ambiance qui suinte des non-dits, du meurtre de Summer, qui nous entraîne dans ces questions, cette magie presque sombre de Lovelorn. Le point final, pourra-t-il jamais s’écrire ? Une interrogation qui reste en suspend, parmis tant d’autres, au fil de l’histoire. Cela donne ainsi lieu à une réelle aventure, quelque chose d’unique, d’incroyable, dangereux sur les bords… Car les morts sont comme ce point final, ils n’ont pas fini de se taire. Et si en Summer ne se révélait pas une certaine antithèse, des relents d’amer et de sucré ? Et elle était en réalité l’incarnation du complexe, de l’humain dans son horrible beauté ? Cette histoire, comme je vous le disais, est donc loin de n’effleurer que la surface. Elle s’insinue en profondeur, elle remue les blessures, remet les choses à leur place, suit son cours presque perfidement… Car au milieu de tout ça sont nos personnages, Abby, Mia, Bynn, Wade et Owen, plongés dans le passé entremêlé au présent. Notre coeur fait des loopings, il essaie de rester accroché, bien vivant. Le tout est si intense, mêlant thriller et fantaisy, dans un mélange surprenant, prenant, et réussi. Mon corps, mon âme furent impliqués dans cette histoire, dans ce démélage du vrai du faux, avec cette atmosphère si particulière qui nous colle à la peau.

Il m’a percuté, jusqu’à la fin. Cette fin si parfaite, si inattendue, qui a fait de ce livre quelque chose d’autant plus marquant, à un point… Il a violemment pénétré mon esprit, il m’a inspiré son mystère, il a emmêlé mes certitudes… Jusqu’au bout, il aura été si marquant. Dès les premières lignes, je fus aspirée dans ce monde, ordinaire et pourtant si peu. Je l’ai laissé me berner, m’étonner, m’attendrir. Il est incroyablement humain, sous toutes les facettes. Il m’a fait passer par toutes les émotions possibles, il m’a vivifiée comme pousée à l’effarement. Je me suis impliquée jusqu’au bout dans l’enquête, le mystère, les remous du passé.

Un chef-d’oeuvre, je pense que je pourrais le qualifier ainsi. Et comme tous les chefs-d’oeuvres, il n’est jamais vraiment fini…

Merci infiniment aux éditions Albin Michel pour l’envoi

Les pandas sans bambous sont-ils des tueurs à gages ?

Wow… Toujours vivants ? Oui, je demande car bon, après un roman pareil, pas sûre que vous en soyez sortis indemnes. « Les pandas sans bambou sont-ils des tueurs à gages ? ». Rien que le titre nous met déjà en garde : Archie est encore plus déjantée que dans le premier tome… Et attention, cette fois elle a un lance-flammes entre les mains.

Bref, vous l’aurez compris, c’est un cocktail explosif que nous met Jupiter Phaeton entre les mains. Et quel cocktail ! Je me suis régalée. L’action qui est mise en place dans le premier tome et ici approfondie, et on éclaire peu à peu notre lanterne. Le seul bémol que j’aurais à souligner est que le rythme s’essouffle parfois un peu. On court partout, on crame quelques trucs, on fait des crise de manque de chamallow… Bref, j’ai été encore une fois emballée par l’atmosphère si particulière de ce livre.

Dans ce second tome en effet, on ne perd pas ce charisme d’Archie, et son côté mordant m’a fait mourir de rire. Il se passe encore une fois beaucoup de choses, et je vous avoue qu’heureusement que Shawn et là pour freiner notre garde du corps préférée… La balance est donc encore une fois bien dosée de chaque côté, la douceur de Shawn contrebalançant le feu qui anime Archie. Les personnages sont donc de nouveau une pièce maîtresse de l’ouvrage puisqu’ils y apportent tous leur touche et y donnent chacun une dynamique particulière (d’ailleurs entretenue par l’enthousiasme d’Esteban).

Comme je vous le disais, le seul hic, c’est que ce rythme déjanté se freine parfois. On pourrait ainsi apercevoir une certaine lassitude… Cependant celle-ci ne m’a pas réellement touché. En effet, toute cette folie contenue dans l’univers d’Archie est relevée par l’aspect fantaisy du roman. Effectivement celui-ci est développé dans ce tome, on en apprend un peu plus sur le passé d’Archie, ou en tout cas certains renseignements s’offrent à nous. Dans ce livre, on explore plus les pistes, et l’enquête se mène… Tout le mystère autour d’Adam joue alors sur l’intrigue, s’épaississant et s’évaporant tout à tour. Ainsi ce second tome s’inscrit quelque peu sur une autre lignée, plus « théorique ». On calme un peu l’action prendre le temps de comprendre, de se poser des questions…

Bref comme je disais ce livre et un parfait cocktail, car il a su ne pas perdre de vue le fil directeur de l’intrigue et les questionnements qu’il inspire. Je me suis encore une fois totalement laissé emporter par les aventures d’Archie et les autres. L’action est toujours aussi prenante, Archie toujours aussi vive… Et attention, cette fois, elle doit faire face à de nouveaux événements, notamment ses parents. La relation est tendue, et il se pourrait bien que la jarre de chamallow ai déjà été vidée. Un mariage avec un lance-flammes ne serait pas la solution rêvée ?

Si vous vous posez la question « les pandas sans bambou sont-ils des tueurs à gages? », la réponse est indéniablement oui.

Merci à l’incroyable Jupi pour l’envoi de son roman, mais aussi son soutien, sa bonne humeur et sa patience /+

Le feu des vivants

Le choix est une simple perfidie du destin, malmenant avec plaisir valeurs et routes, imposant ses probabilités à dessein, qu’il nous faut suivre en absence de doutes…

Les royaumes démoniaques, tome 2 – Christopher Evrard

Alors, les gars, ce livre, c’est un sacré truc. Préparez les lances incendie et la tenue de pompier, car c’est sacrément enflammé ! Comme son nom l’indique, « Le feu des vivants », nous propose du feu… Et des vivants.

Ouais bref, plus sérieusement, on a chaud aux fesses, mais il reste quelques personnes en vie. Ah bah oui, avec tout ce remue ménage sur la pierre des âges, et la fin délirante du premier tome, fallait pas s’attendre à un truc tout doux tout calme. Quoique… Certains personnages auraient dû suivre cette ligne de mire. En effet, dans cet ouvrage, on fait face à une guerre, et pas des moindres. Tous les peuples, Ondins, Elfes, Nains, ou encore Démons vont s’affronter. Ainsi, on est propulsé dans une atmosphère de champ de bataille (attention à la fumée, sortez les masques, ça vous servira plus que pour le Coronavirus). Au programme, des corps, du sang, de la mort, et un certain Créateur qui a décidé de semer la destruction partout. Pas mal hein ? Si vous redoutiez de vous ennuyez, n’ayez pas peur, j’ai été transportée par un rythme endiablé, qui a bien failli me faire trépasser aussi plusieurs fois, et qui est rythmé par les changements de point de vue.


Au milieu de tout ces personnages, tout ces événements, on aurait pu se retrouver perdus, et c’est d’ailleurs ce qui s’est produit 2-3 fois pour ma part. Le récit est dense, riche en informations car l’univers est construit comme jamais (du génie moi je vous le dit). Mais malgré ce gros meli mélo qui m’a inspiré des bim bam boum…
Ouais nan, ça fait pas pshit ni vroum. On est quand même dans de la dark fantaisy, et avec la guerre qui se prépare, on est loin de rigoler et de faire des tiktok dans des avions. On est plutôt en mode « DANGER ! », et on suit tant bien que mal Ciwen et les autres dans ces affrontements et ces préparatifs mouvementés. D’ailleurs, l’attention n’est plus focalisée que sur Ciwen, bien qu’on en apprend plus sur lui et son passé. Les autres personnages ont tous leur moment sur le feu de la rampe (encore ce feu qui revient), et ainsi on apprend à mieux les connaître et toute la magie de ce livre se révèle enfin à nos yeux…
Ça, c’était vraiment un coup de maître de la part de l’auteur. La plume très immersive de Christopher Evrard permet une belle représentation des choses, et si jamais vous n’y arrivez pas, des illustrations à couper le souffle sont là pour nous guider.
Du génie je vous dit… Tout est bien pensé. Les tenants et les aboutissants de l’histoire et de tout ce qu’elle implique nous sont peu à peu accessibles, et ça c’est un gros point positif. En effet, avec tous ces mystères, on se demande où on allait, et cela se règle dans ce tome.


Mais pour ceux qui en veulent encore, rassurez vous, c’est loin d’être fini. Certes, on en connaît plus sur ce qui fonde ce bouquin, mais beaucoup de choses restent inexplorées… Pour mon plus grand plaisir d’ailleurs, car Christopher Evrard a créé un univers si sombrement fantastique que j’ai envie d’en connaître tous les recoins, sans pour autant gâcher ce mystère qui installe cette atmosphère si particulière.


Alors voilà, maintenant vous savez, je reviens de ce livre toute chamboulée. Les événements ont su me happer, au point que j’ai bien cru y laisser un bras ou une jambe dans un jet de magie ou une lame trop affûtée. Chapeau à l’auteur pour avoir su gérer tout ça de manière fluide et maîtrisée, bien que les chapitres furent fort longs.
Ainsi, j’abaisse mon chapeau (ou mon casque de pompier) face à cette œuvre qui a su mêler l’ombre à la lumière, dans une ambiance unique et toujours aussi saisissante. Je n’ai pas pu lâcher l’ouvrage, j’en voulais toujours plus (notamment sur Thorwa, qui est le personnage qui m’intrigue le plus).


Si vous ne connaissez pas Les royaumes démoniaques, je vous invite grandement à plonger tête baissée dedans, vous en ressortirez avec quelques dommages certes, mais le jeu en vaut la chandelle. Rien que pour les personnages, tous plus construits les uns que les autres, foncez. Je suis vraiment impressionnée par cette profondeur que l’auteur a donné à son ouvrage, qui nous laisse toujours pantelants et avides de connaître la suite. Car oui, encore une fois, comptez sur Ciwen pour nous emporter dans des aventures toujours plus risquées… Mais qui ont su vivement piquer mon intérêt. J’ai vu grâce à ce second tome que la brutalité peut être contrée par une belle douceur, et que la guerre cache bien des enjeux…
J’ai hâte de voir où cela va nous mener, et c’est presque les yeux fermés que je suivrai Ciwen et tous les autres personnages dans leur quête, et je suis bien prête à tourner encore pas mal de pages…

Merci à l’auteur pour sa confiance et l’envoi de son roman !

La sorcière oubliée

C’est difficile d’accepter ce que tu es, et non ce que tu croyais être, d’accepter un monde qui n’est pas comme tu le pensais. Mais Bea, quand on y pense, est-ce si surprenant que le monde contienne davantage que ce dont on a jamais rêvé ?

La sorcière oubliée – Melvin Burgess

Ce livre fut ma première déception, et mon premier abandon de 2020. En lisant le résumé, j’étais très intriguée par toute cette histoire de magie. Je m’attendais à plonger dans un univers en clair-obscur, mi fantastique mi dystopique. Et bien… il n’en fut rien.

En effet dès les premières pages j’ai vite déchanté, comprenant que l’atmosphère particulière que j’attendais n’aurait tout bonnement pas le temps de s’installer, vu la vitesse fulgurante des événements.

Pour vous dire, en 60 pages, l’intrigue (complètement improbable) était déjà installée. Une adolescente lambda qui se rend compte d’univers parallèles lors d’une rencontre mouvementée avec un lièvre, et qui ensuite tombe in love d’un skater, puis se retrouve quelques chapitres plus loin à être confrontée à son destin de sorcière après avoir découvert tout un tas de trucs ?? C’est tellement tiré par les cheveux que j’ai simplement eu l’impression d’être prise pour une débile. Certes, un bon rythme dans une histoire, c’est important. Mais là… Ca allait tellement vite que c’était juste irréaliste. De ce fait l’histoire a vite perdu toute once de crédibilité à mes yeux, et cela a créé un cercle vicieux puisque cela m’a empêchée de m’attacher aux personnages.

Béa par exemple m’a parue creuse, sans intérêt, et surtout trèèèès naïve. C’est le personnage principale et pourtant on ne sait quasiment rien sur elle. Heureusement, la bande de sorciers qu’elle rencontre sauve quelque peu la mise, même si ils ont malheureusement eux aussi été affadis par cette intrigue qui semblait ne pas avoir le temps de se mettre en place correctement.

Tout était très simple, très vite relaté, pour tout enchaîner très vite. Cela donnait un aspect totalement burlesque à cette lecture, qui, dans le meilleur des cas, aurait pu me faire penser au lapin d’Alice au pays des merveilles. Mais malheureusement plutôt que d’atterrir dans un monde merveilleux, ma chute dans le trou fut sans fin…

Ainsi j’ai vite été mise à la place de spectatrice et non de lectrice, levant tellement les yeux au ciel qu’ils auraient fini coincés. (Boh, ça aurait achevé le ridicule de la situation).

Je ne suis pas là pour tailler ce livre à tout bout de champ, certains éléments étaient plutôt pertinents, mais coincés dans cette trame déconstruite et beaucoup trop rapide. Et puis, je met de l’eau dans mon vin en me disant que certains apprécieront de voir une héroïne confrontée à son destin de sorcière avec pleins de trucs wtf en 100 pages… non ?

Ce bouquin fut ainsi pour moi comme un brouillon… De bonnes choses étaient amorcées, notamment dans certains éléments de l’intrigue ou dans quelques personnages, mais malheureusement l’histoire fut mal menée je trouve. L’idée était bonne, mais pas sa mise en place.

Bref, vous l’aurez compris, ce livre fut une déception. La plume trop gnangnan et cette intrigue bien trop surréaliste m’a poussé à l’abandonner. Pourtant, le résumé était très prometteur, et comme je l’ai dit plusieurs éléments étaient tout à fait exploitables. Un rythme plus léger, plus réaliste dans l’enchaînement des événements et moins jeunesse aurait été super ! Les personnes auraient ainsi eu un charisme indéniable et l’atmosphère que j’attendais tant aurait été au rendez-vous. Cependant ce livre a sonné trop enfantin pour moi de part sa rapidité, et ce sentiment de non-crédibilité n’a cessé de me coller aux doigts, m’empêchant de tourner plus de pages que la centième.

Merci tout de même aux éditions Gallimard Jeunesse pour l’envoi de roman, qui fut intéressant à découvrir, mais qui malheureusement ne l’a pas fait du tout avec moi. Notons tout de même que je me suis arrêtée à la page 100, et qu’ainsi il me restait plus de 200 pages à lire. Ainsi je suis peut-être passée à côté d’un soudain retournement de situation qui aurait inversé mon jugement… Je n’ai pas pu explorer le côté relation toxique qu’aborde le résumé. Peut-être que celui-ci fut bien mené, ou au contraire tout aussi wtf que le début du livre.

Bref, une partie de cet ouvrage reste donc en suspend pour moi, ainsi je vous conseille malgré tout de le découvrir par vous même, qui sait ?

Y a-t-il pénurie de chamallows à San Francisco ?

L’imperfection, c’est le génie.

La folie, c’est le génie.

Il vaut mieux être totalement ridicule que totalement ennuyeux.

Y a-t-il pénurie de chamallows à San Francisco ? – Jupiter Phaeton

Préparez les casques de chantier et les bouchons d’oreilles, car ce livre est un vrai danger public. Ou plutôt, Archie est un vrai danger public.

Vous êtes plongés dans une histoire rocambolesque en plein San Francisco, où Archibald Skye, garde du corps féroce (et déjantée), a pour but de protéger le célèbre chanteur Shawn Claw. De plus notons que le fameux Shawn est l’idole d’Esteban, le meilleur-ami-complètement-gay d’Archie.

Situation déjà assez folle et mobilisant beaucoup de notes dans les aigus hein ? Eh bien sachez que ça va dégénérer, car Archie ne possède pas de pouvoir… dans un monde où TOUT LE MONDE a des pouvoirs. Elle est déjà sur le point de créer une apocalypse, et ça ne va pas s’arranger, car évidemment sa mission de protection auprès de Shawn ne va pas se passer comme prévu…

Vous l’aurez compris, ce bouquin est donc un concentré de « wow » « boum » crac » « pan » « RAAAAAH » « IIIIIIIH », et surtout de chamallows, et de « nom d’un panda sans bambou ».

Bref, vous êtes prévenus : haut taux de folie à venir.

Cette folie saute d’ailleurs aux yeux de part le personnage d’Archie, qui a exactement 4 personnalités qui se battent en duel. Schizophrène ? Non. Juste un peu déjantée ? Beaucoup.

On observe donc des battles entre Numéro 1, Numéro 2, encyclopédie sur patte, Numéro 3 et Numéro 4, qu’il ne vaut mieux pas voir apparaître car elle risque de décimer la planète. Ce côté complètement atypique de la, ou plutôt des, personnalités d’Archie m’a d’abord beaucoup étonnée, puisque cela rend le personnage totalement décalé, et que l’on ne risque pas de rencontrer à chaque coin de bibliothèque. D’abord interloquée, je fus ensuite complètement fan de cette femme impulsive, forte, sarcastique et… tarée sur les bords. (oui, vous allez beaucoup retrouver ce mot lors de cette chronique).

En effet dans ce livre, on s’attache rapidement aux personnages, ce qui est un réel tour de force de la part de Jupiter Phaeton. Que ça soit Archie, que j’ai beaucoup aimé par son caractère, ou Esteban, dont le pétillement (et l’idolaterie hystérique) m’ont beaucoup plu, on passe par plein d’émotions face à ces personnages hauts en couleur. Pour calmer le jeu (à ce stade là on risque d’exploser), la personne de Shawn détend cette atmosphère pleine de folie. En effet il est loin d’être la star arrogante et superficielle. Il est très doux et humain, créant un effet de balance face au dynamisme (presque extrême parfois) d’Archie et Esteban.

On a ainsi un trio qui m’a fait mourir de rire et qui m’a complètement emballée dans ses aventures. Effectivement, Archie est une garde du corps sans pouvoir certes, mais pas moins éclatante. On est ainsi embarqués dans des combats, des fuites, des mystères… et en bref une enquête à résoudre.

Eh oui, forcément, dans un monde plein de pouvoirs, quand une star se fait attaquer et que cela prend des mesures religieuses, ça fait du remue ménage.

Et ce fameux remue ménage fut un joyeux bordel. Il frôlait le « trop » par moments, mais l’autrice a une plume de maître et parvenait à doser sa part de folie. D’ailleurs on sent que Jupiter s’est beaucoup investie dans son roman, distillant de sa propre personnalité dans celui-ci, ce qui est quelque chose qui m’a fait sourire. Ce livre fut ainsi une très bonne lecture, portée par une plume fluide et entraînante, qui nous emporte dans une intrigue plus que complète. Je suis passée de l’étonnement au stress, et aussi par l’euphorie et l’intérêt. Car oui, ce livre suscite l’intérêt jusqu’au bout de part une intrigue à divers enjeux, qui ont réellement su me happer.

En bref, un roman plein d’action et surtout d’originalité, qui bouscule totalement les codes quitte à nous percuter un peu trop au passage. Mais lorsque l’on apprivoise cette part complètement barrée du roman, cela le rend d’autant plus unique. Ainsi Jupiter Phaeton a encore une fois su se distinguer !

Merci à l’incroyable Jupi pour l’envoi de son roman

Les vrais champions dansent dans le blizzard

Ce livre est un peu indescriptible. Tout d’abord, car il interpelle par sa forme. Il est rédigé sous forme de vers, ou en tous les cas une mise en page qui évoque le poème.
C’est ainsi que nous sommes directement plongés dans une ambiance particulière, qui fera l’originalité de ce livre. Des odeurs de macadam en été, de ballon de basket, de rires d’ados, de larmes, et un soleil couchant.
Ce livre fut pour moi comme des milliers de photographies s’imprimant sur ma rétine sous fond d’ambiance vintage.
J’ai bien aimé, ce basket important mais pas imposant, ces couleurs chaudes s’encrant dans mon esprit, ces blessures de la vie et ces brouillons provoqués par le passage des questionnements.
J’ai bien aimé aussi, les différents thèmes abordés, plus ou moins effleurés, plus ou moins présents. Tout en subtilité, portés par une plume qui marque par sa poésie et sa façon à, justement, marquer tout en douceur.
Ainsi ce livre ne fut pas une évidence, ce ne fut pas un coup de cœur intersidéral. Il fait simplement partie de ces livres qui, quand on les referme, laissent en nous une absence. Absence qui permet de se rendre compte de la présence qu’il eurent en nous.
De ce fait je me suis rendue compte que ce livre avait bien réussi à s’encrer quelque peu en moi. Ce n’était pas flagrant, car à première vue les personnages restent en ma mémoire des silhouettes sur photographie. Des caractères marqués par une encre qui devient transparente au soleil. Trop éphémères.
Mais finalement, l’éphémère est important dans cet ouvrage. Il permet d’en faire une réelle expérience, s’éloignant de son identité de papier pour se déposer sous nos yeux comme des souvenirs, transportant eux même nombre de vérités.
J’ai ainsi, sans le savoir, grandi avec ce livre, en vivant aux côtés de Charlie son deuil, son apprivoisement nouveau de la vie. Cet ouvrage m’a fait voyager auprès des quelques ados (et adultes) qui le font vivre. Qui font de lui, comme je l’ai dit, une expérience. J’ai lu, j’ai vécu, j’ai ressenti, et j’ai été étonnée par la puissance d’atmosphère de l’éphémère.
Ce fut donc simplement genial, d’être transportée ainsi dans ce cadre style années 80, tout plein de moments de vie, de rires, de matchs, de petites conneries, et quelques palpitations.
Oui, mon cœur a battu au fil des pages. Je n’aurais pas cru vivre autant cet ouvrage. C’est avec étonnement que je me suis rendue compte de sa beauté, de l’attachement que j’avais pour les personnages et de ce qu’ils ont partagés, des moments simples mais qui furent pourtant vraiment beaux.
N’est ce pas là une réelle prouesse, qui est finalement le plus important, de marquer le lecteur sans que celui ci ne se rende compte de rien ?
Me voilà avec un album photo dans le cœur, et des souvenirs qui font surface quand j’aperçois l’orangé d’un ballon de basket au coin de l’œil…

Merci aux éditions Albin Michel pour l’envoi de ce roman !

Je ne suis pas un gay de fiction

Ce qui est à craindre, c’est que l’homosexualité serve de marqueur pour simplifier les gens à l’extrême. On simplifie le monde pour essayer de le comprendre. Tu es le seul à avoir le droit de simplifier ta propre personne. – Je ne suis pas un gay de fiction, Naoto Asahara.

Bon… face à ce livre, je suis très mitigée, il me sera donc difficile d’écrire cette chronique.

En premier lieu, je fus très intriguée par l’histoire, qui est celle de Jun, qui est un garçon homosexuel qui entretient une relation avec un père de famille plus âgé que lui. Miura, une de ses camarades, découvre son orientation sexuelle. Fan des homos, elle lui promet de garder son secret, mais pour sauver les apparences (et se tromper lui-même), Jun décide de sortir avec elle. Le seul qui connaît tous les états d’âmes de l’adolescent est Mr Fahrenheit, le meilleur ami virtuel de Jun, homosexuel lui aussi.

Alors déjà, rien que dans la trame de l’histoire, qui n’est pas présentée comme cela sur la 4e de couverture du livre, bien que la mention « public averti » soit bien présente, beaucoup de choses m’ont dérangée.

D’une part, la relation de Jun et Makoto, quadragénaire, m’a dérangée. Pas tant dans la nature de la relation en elle-même (bien que cette forte différence d’âge ne m’a pas mise vraiment à l’aise), mais plutôt dans le déroulé de celle-ci. En effet on retrouve dans le livre plusieurs scènes très explicites, et surtout qui nous exposent pas mal les tendances perverses de Makoto, ce qui m’a vraiment dérangée…

Ce livre se pousse donc à la limite de l’obscène, et on peut ajouter comme exemple le meilleur d’ami de Jun qui lui malaxe le paquet comme si c’était des boules anti-stress en guise de bonjour.

Bref j’étais : gênée.

Je fus également dérangée par le mode de penser de Jun, qui certes permet d’exposer les nombreux questionnements qui taraudent les personnes homosexuelles notamment, mais avec lequel j’ai eu du mal. En effet, j’ai eu beaucoup de mal avec nombre de ses réactions, en particulier vis à vis de Miura.

D’ailleurs celle-ci m’a également gênée par son fanatisme vis à vis des personnes homosexuelles. Cette communauté des « fujoshi », fan des gays, m’a donc beaucoup interpellée, me laissant un goût de « wtf » encore plus prononcé sur la langue.

Le seul qui a réellement relevé la barre est Mr Fahrenheit, dont la sagesse m’a impressionnée et dont la façon de penser m’a beaucoup plu. Il fut pour moi un pilier discret de cette histoire, transmettant des valeurs. Il m’a ainsi beaucoup plu.

Bref, cette histoire m’a confrontée à des personnages quelque peu incompréhensibles, aux réactions parfois (souvent) douteuses, et au mode de pensée auquel je n’adhérais pas…

Malgré cela ce fut tout de même un livre enrichissant à lire, car si je passe outre la gêne occasionnée, ne pas être d’accord avec les personnages ou les événements est pour moi enrichissant. En effet cet ouvrage m’a donc permis de découvrir cette culture anti-différence du Japon, très oppressif, qui pousse ici Jun à sortir avec Miura, à se poser tout un tas de questions, à vivre dans le mal-être… Ainsi cela explique certaines situations du roman et m’a fait sortir de ma zone de confort.

Ce livre me laisse donc une impression dérangeante car je n’adhérais pas avec beaucoup de choses, j’ai été gênée et même parfois révoltée par ce qu’a osé écrire l’auteur. Il a présenté de part son histoire l’homosexualité de façon très particulière, avec laquelle j’ai eu beaucoup de mal. Cependant comme je l’ai dit précédemment, ce livre nous expose comment se déroule la vie d’un adolescent homosexuel au Japon et les situations auxquelles il peut être confronté.

Ce fut donc une expérience fortement déroutante, dans le sens pas uniquement positif du terme… Je ne saurais dire si je recommande ce livre, rien que pour Mr Fahrenheit je dirais oui. Si vous souhaitez un ouvrage briseur de codes, allez-y, mais soyez averti : j’en ressors très perplexe. Je suis perdue entre un léger dégoût, une appréciation tout de même de l’audace de l’auteur, et un état assez pensif. Mais au moins ce qui est sûr, c’est que ce livre fait réfléchir…

Merci aux éditions Akata pour l’envoi de ce roman !

La reine sous la neige

Si nos existences se limitaient aux images qui nous représentent, nous serions des pantins condamnés par un dieu méchant à refaire toujours les mêmes gestes, soumis aux lois du spectateur cruel qui peut à volonté accélérer ou ralentir, arrêter une attitude, une expression, n’importe quelle révélation de l’ordre de l’intime. Et notre existence s’effacerait au profit de ce que l’on voudrait retenir de nous.

La reine sous la neige – François Place

Alors… Comment commencer cette chronique en sachant que mes impressions sur ce livre sont assez floues ? Eh bien écoutez, je vais revêtir mes habits de chantier et je vais creuser dans ma mémoire de lectrice… Et quoi de mieux pour se rafraîchir la mémoire que le résumé ?

« Une tempête en plein ciel, un avion dérouté, une jeune fille fragile de 18 ans, un vol de portable, un coup de foudre, une reine morte, un enfant perdu, un tigre évadé du zoo, une statuette de plastique, une enquête impossible, Londres sous la neige… »

Bon… on est pas plus avancés.

Pour faire simple, cette histoire est une toile : celle de plusieurs fils d’histoires mêlées, et qui finalement n’en forme qu’une seule.

Ce livre conte celle de Sam, dont l’avion a été détourné à cause d’une tempête de neige et se voit obligée d’atterrir à Londres. Elle voit en cet incident l’occasion de rencontrer Maggie, une vieille dame avec qui elle est en correspondance depuis des années. Sur sa route se placera Eliot, un petit garçon, deux policiers et une hôtesse de l’air…

Ainsi bien des destins se mélangent, liés par un drame qui secouera l’Angleterre dans le même temps : la mort de la reine Elisabeth.

A son arrivée, Sam, complètement perdue, est prise en charge par Catherine, une hôtesse de l’air. Cependant la jeune femme va vite prendre ses libertés en se baladant dans Londres, où elle se fera voler son téléphone. Viendront alors à son secours 2 jeunes hommes, dont Eliot. Puis l’histoire se découd, Sam menant son enquête pour retrouver Maggie… Elle fera également la rencontre d’un petit garçon perdu, qui annonce que la défunte reine s’est réincarnée en tigre…

Dans le même temps, un mystérieux tigre s’échappe d’un zoo, et nous suivons également l’histoire de 2 policiers qui tentent de résoudre une enquête d’appartement saccagé.

Bref, une histoire très méli-mélo, mais qui est malgré tout très belle. Elle véhicule des valeurs familiales, amicales, amoureuses… Et j’ai beaucoup aimé cette beauté, qui se transmet par une plume fluide et riche. Elle porte tout ces personnages avec brio, me plongeant dans une atmosphère complètement happante, aux accents enneigés.

Mais malgré cette douce atmosphère, la neige m’a surtout refroidie et encombrée ici. En effet, cette histoire apparaît déjà fort complexe, et elle l’est ! On retrouve beaucoup de petites intrigues toutes imbriquées les unes les autres, et au final pas vraiment de fil conducteur.

On est donc plongés dans un ensemble assez flou, avec des personnages et une intrigue trop peu construits. Ainsi je me suis retrouvée relativement perdue entre toutes ces histoires, tous ces liens à établir… De ce fait bien que les différentes relations et histoires soient très belles, cette beauté est flouée par la complexité dans laquelle elle est plongée.

Cela fait que je me suis peu attachée aux personnages, qui sont très diversifiés, apportant de ce fait une richesse à l’histoire. Celle-ci est d’ailleurs fort profonde, notamment de part les valeurs qu’elle véhicule. C’est un concentré d’amour, tant amical que familial, et j’ai beaucoup aimé cet aspect.

Cependant, toujours le même problème revient : le flou et la complexité de l’histoire. Suivies une par une, les différentes intrigues sont très belles à suivre, mais lorsque l’on prend la vue d’ensemble, on se trouve totalement perdus…

Alors voilà, pour résumer ce fut un livre à l’atmosphère envoûtante, nous transportant comme dans un rêve le temps de cette journée londonienne sous la neige. Or, l’aspect bien trop décousu de cette histoire la rend dure à suivre, et d’ailleurs elle apparaît irréaliste : une tempête de neige, une mort royale, un vol de portable, un coup de foudre, un tigre qui s’échappe, une enquête policière et de précieuses rencontres… le tout en une seule journée.

Alors certes, l’ambiance magique est au rendez-vous, les messages familiaux, amoureux et amicaux également. Les personnages sont adorables : tant Maggie par sa richesse, qu’Eliot par sa gentillesse et son dynamisme, Sam par sa fragilité et son exotisme… Ce livre nous montre avec délicatesse la beauté des rencontres, et l’impact surréaliste qu’elles peuvent avoir sur notre vie.

Ainsi, cette journée de Londres sous la neige, c’est 24h surréalistes, qui nous emportent dans leur tourbillon merveilleux, duquel on ressort ébloui certes… mais lorsque le rêve s’efface, la réalité remonte à la surface : on aperçoit les failles, les intrigues trop peu réalistes, les précipitations, et surtout un très grand méli-mélo.

Merci aux éditions Gallimard pour l’envoi de ce roman !

Cursed, la rebelle

C’est ainsi que se forge le vrai courage. Quand on avance sans y voir clair…

Cursed, la rebelle – Thomas Wheeler

Ce livre possède une atmosphère qui nous enveloppe, nous enserre tout au long de notre lecture. Loin d’être étouffante, celle-ci est quelque peu charismatique, à l’image de Nimue, le personnage principal. On est donc emporté, d’une façon presque mystique, dans cette histoire qui réinvente la légende d’Excalibur. Ici, l’épée a soif de sang. Et elle se trouve dans les mains de Nimue, jeune fille Faë qui peut communiquer avec les Invisibles, après qu’elle vit sonvillage décimé par les Paladins Rouges. En effet en rendant son dernier souffle, la mère de Nimue lui confia l’épée, la conjurant de l’apporter au mystérieux Merlin…

C’est donc une histoire au goût de sang qui s’imprime sur nos rétines, une réecriture du mythe, une nouvelle facette de Merlin, ou encore Arthur et Morgane. L’histoire est ici portée par une figure féminine, Nimue, qui évoque en moi la force même. Elle participe à ce charisme déroutant du livre. Elle est une enfant, adolescente, mais se trouve ainsi plongée dans un destin démesuré, pour lequel elle devra combattre, pour l’avenir de son peuple. Et plus que cela, au creux de l’épée se trouve le destin de son monde tout entier. Mais… au risque de se perdre sous la puissance dévastatrice de la lame.

Nimue est ainsi un personnage qui m’a marqué au fer rouge. Elle devra mener la bataille, tant contre l’ennemi que contre ses propres démons. Bien qu’elle soit synonyme de force, c’est un personnage qui reste malgré tout humain, avec ses propres interrogations, ses doutes, ses mauvais choix… et j’ai trouvé cette facette vraiment importante. Elle donne d’ailleurs une dimension d’autant plus profonde à l’histoire, et m’a ainsi permis de plonger complètement dedans.

J’ai aussi beaucoup apprécié Arthur, Merlin et Morgane, loin des représentations habituelles que l’on se fait de ces personnages. Arthur apparaît comme un jeune homme bienveillant mais peu sûr de lui et de ses convictions. Ainsi loin du preux chevalier, il revêt une armure courageuse mais frêle (voire lâche?). Merlin, loin de l’image du puissant sorcier, est ici un homme déchu, aux prises de l’alcool et n’ayant plus de pouvoirs. C’est donc une rencontre avec un homme à nu que j’ai vécu par cette histoire. Il m’apparaît d’autant plus humainement beau, exposant ses erreurs mais n’étant pas réduit à elles malgré tout. Morgane quant à elle, est une femme déterminée à un point qu’elle en devient butée. Cependant ce personnage sûr de lui m’a bien plu, et revêt lui aussi une image bien humaine.

Bref, ce livre est donc une aventure totale, tant humainement qu’au niveau de son déroulé et des combats qu’elle porte. J’ai eu l’impression d’ouvrir un grimoire et de plonger au coeur des pages e jaunies, au creux de la légende… effleurant les nombreux tenants et aboutissants, m’attachant à ces peuples, portée par leurs combats et goûtant au goût du sang.

Cette histoire porte celle de bien des peuples, menacés par les Paladins Rouges et la religion. Des milliers de vies en danger, dans une histoire où les causes se heurtent et parfois, se mélangent. J’ai aussi été happée par l’effervescence du combat, priant pour les uns, le coeur brûlant pour d’autres…

Ce livre m’a déchiré les tripes, a émerveillé mon âme, et à su déposer en mes mains bien plus que 512 pages : une vie et une aventure.

C’est ainsi une Dame du lac, une Table ronde à redécouvrir. Du sang qui souille les récits trop clairs, une vérité qui s’impose à la force de la lame et des âmes. Des caractères qui forgent à nouveau tout une légende, l’inscrivant dans une histoire nouvelle.

Merci aux éditions Gallimard pour l’envoi de ce roman !

Fandom

Elle a dit qu’on pouvait passer toute sa vie à parcourir le monde sans jamais tomber sur l’âme sœur. Voilà pourquoi, si on a de la chance de la croiser un jour, il faut s’accrocher à elle des deux mains et ne jamais la laisser partir.

Fandom, Anna Day

Quand je me suis retrouvée face au point final de ce livre, je me suis tout d’abord sentie mitigée.

En effet celle-ci reste pronfondément ancrée dans les codes de la fantasy-dystopie auxquels elle appartient.

On peut donc dans les premiers chapitres se dire que cette histoire a une plutôt bonne base, mais ne sera pas transcendante.

Et sur le fond c’est vrai, certains passages sont un peu décevants (notamment le début et la fin), car ils ne sont foncièrement pas surprenants, ce qui donne un effet un peu plat à l’histoire.

Cependant, le milieu de ce livre reste très bon (on dirait que je parle d’un gâteau mais bon).

En effet, lorsque les bases (pas au top de l’originalité donc) sont posées, on entre dans un univers qui, plutôt que de m’engloutir dans son manque d’extravagance, s’est trouvé être très bien construit.

De ce fait j’ai été étonné par la foissonance de détails de l’univers dystopique qu’on nous propose ici. Certes, il reste dans les sentiers battus, mais il est extrêmement immersif. Cela se fait grâce notamment à la plume de l’autrice qui est fluide et permet grâce aux mots qu’elle nous offre une belle représentation mentale du monde dans lequel elle veut nous plonger. Et c’est chose réussir, puisque, charmée par cet univers construit et très complet, j’ai plongé la tête la première dedans.

En effet, Alice, Kate, Violet et Nate, venus voir à la Comic-con leur idole, l’acteur principal de l’adaptation de leur roman favori. Or suite suite à un accident ils se retrouvent mystérieusement plongés dans l’univers de ce roman : « La danse des pendus ».

Ils se retrouvent alors malgré eux obligés de revivre l’histoire, sans trop s’éloigner du canon original au risque de manquer le dénouement final…

Ainsi ils prennent place dans un monde dystopique, entre les Impas et les Ingas, au coeur d’une révolution qu’il devront mener à bien. Devenus à leur tour personnages de l’histoire, chacunes de leurs décisions ont un impact… Pouvant aller jusqu’à la mort.

Mais… aucune histoire ne mérite qu’on meure pour elle.

VOUS VOYEZ ! (je vous agresse wow), on affaire à une intrigue qui en soi ne casse pas trois pattes à un canard, mais qui est EXTREMEMENT bien menée.

On revient encore sur l’univers, mais il est vraiment immersif, et de ce fait il y a aussi une répercussion sur les personnages. Effectivement ceux-ci paraissent vraiment réels, et on vit de ce fait l’histoire à leurs côtés. Ainsi cette lecture ne fut pas totalement fictive, elle eût une part réelle qui a vraiment ancré des souvenirs dans ma mémoire.

J’ai donc vécu de vrais moments aux côtés d’eux, qui ont su prendre une place dans mon coeur. Notamment Ash, que j’ai trouvé très attentionné et protecteur. Il fut ainsi celui auquel je me suis le plus attachée par sa justesse. J’ai aussi été très attendrie par Nate, le petit frère de Violet, très intelligent et à la vivacité qui m’a charmée.

Pour ce qui est de Thorn et Kate, ils m’ont aussi émue malgré leurs carapaces de gros durs, ils cachent une profondeur qui m’a beaucoup plue, et donne ainsi une dimension morale à l’histoire, bien que celle-ci soit déjà très approfondie de ce côté.

Kate est un personnage qui m’a plu par sa jovialité et son excentricité à toutes épreuves, qui lui donne un caractère intrépide qui m’a fait sourire bien qu’elle ne soit pas la plus exploitée.

Pour ce qui est d’Alice, je l’ai trouvé très superficielle jusqu’au bout, et pour ne rien arranger l’intrigue la cantonne dans cela, ce qui fait d’elle un personnage qui participe à ce côté très classique de l’histoire, ce qui est tout bonnement son point faible.

Willow aussi est assez superficiel… non en fait il tend complètement sur le cliché, ce qui m’a un peu déçue mais colle cependant au script.

Dailleurs Violet participe également au fait que l’histoire prenne parfois des accents très clichés de la dystopie, ce qui l’a rendue à certains passages peu intéressante, ou tout du moins freine son rytme entraînant.

En effet c’est un personnage qui manque de confiance en elle et qui m’a donc parfois agacée, me donnant l’envie de la secouer afin qu’elle sorte des sentiers battus dans lesquels est embourbée l’histoire.

Malgré cela, l’intrigue a su prendre des accents totalements fous, avec une action qui prend aux tripes et qui transforme une histoire pouvant tomber dans la lourdeur en un véritable page-turner. Ce livre, je ne l’ai pas vu passer, complètement emballée par les péripéties auxquels sont confrontés les personnages, complètement obnubilée par l’univers et les enjeux complètement dingues. On est emportés par les dimensions morales et fantaisistes de ce livre, qui apporte une réféxion sur différents sujets portés par l’intrigue.

Malgré les côtés restant sur les bases du genre, et parfois facteurs de yeux levés au ciel, j’ai vécu une véritable histoire grâce à ce livre, qui a été jusqu’à m’émouvoir aux larmes avec le coeur qui bat la chamade.